La nuit est un désert qui a froid,
Pour les S.D.F., ces humaines bouteilles en dérive des mers urbaines, - sans toits.
Tâtonnant leur destin, fiers et tristes de ne pas le trouver,
Arides survies, ils sont rides et rires agités…
Outre l’imaginaire vagabond de leur air,
Les autres S.D.F. ?, les sédentaires nauséabonds : « est-ce des F ? », ils errent
Partout, inconscients de leur être profond, dans toutes les aires,
Ils errent sous les mêmes bannières du mode du faire-faire…
S.D.F., état généralisé du Sans Droits ni Faces
Où, piles sans flammes, l’animal urbain n’a plus qu’une place,
Celle du soumis volontaire en grâce !
« Est-ce des F ? », des Filous-fourbes, des Fainéants-feignantes
De la pensée, des Fabulateurs-fanas-fadas des opinions fuyantes
S.D.F., état généralisé du Sans Dieu ni Foi
Où mon prochain/mes lointains sont les logiques proies
De la course capitalistique excluante, pratiques de ces nouveaux acteurs-rois
« Est-ce des F ? », des Fantômes spirituelles, de matérialistes Faquins
De la jouissance lascive sans sens, l’essence de ces Fidèles catins
Qui ne vivent que dans le paraître sans fin, à dessein de plaire aux essaims d’hommes et de femmes au teint carmin…
Alors, les nuits sont des mères qui pleurent,
Des mers de heurts sans chaleurs,
Où les S.D.F. ne sont pas ceux que l’on voit, ces précaires sans peurs
Heureux d’être libérés de ce conformisme mental de malheurs !
Les « Est-ce des F ? », ces nouveaux déviants déliant, regardez autour de vous
Ces panses pleines, clochards de la pauvre pensée, ils sont partout, parmi nous…
Malek Boukerchie