Histoire de revivre autrement le mythe de la caverne platonicien, histoire de nous sortir des grottes de l'obscurantisme…
Un honnête marchand pourchassé par de féroces bandits, s’enfouit au plus profond du désert, là où il était le plus aride et où les pierres étaient les plus tranchantes. Il courut et courut jusqu’à ce qu’il n’entendit plus le bruit des sabots des chevaux qui le poursuivaient et que le silence fut enfin absolu.
Alors seulement, il se mit à regarder tout autour de lui. Il était parvenu dans une gorge effrayante, surplombée de parois de granit et d’aiguilles de basalte sombre. Il fut surpris de découvrir une sorte de sentier qui grimpait à travers la gorge.
Il le suivit, et au bout d’un moment, il se trouvait à l’entrée d’une grotte profonde et ténébreuse. D’un pas hésitant, il se faufila dans l’obscurité.
« Viens, mon ami, avance ! » l’encouragea une voix bienveillante. Dans la pénombre, le marchand aperçut bientôt un ermite en méditation.
« Tu vis ici ? » demanda-t-il.
« Comme tu le vois !
- Mais comment fais-tu pour survivre dans cette grotte, tout seul, pauvre et loin de tout ? »
L’ermite sourit : « je ne suis pas pauvre, j’ai de grands trésors ».
« Ah bon !? Où ça ? »
« Regarde-là ».
L’ermite indiqua une petite fissure au flanc de la grotte. « Qu’est-ce que tu vois ?»
« Mais rien, rien du tout ! »
« Vraiment ? En es-tu sûr ? » insista l’ermite.
« Quoi ? Juste à peine un morceau de ciel bleu… »
« Un morceau de ciel ! Ne trouves-tu pas que c’est un trésor merveilleux !! »
Eclairage analogique :
Histoire similaire avec un prisonnier des nazis. Il écrivit une lettre plein de bonheur à sa famille tout simplement parce qu’il avait été transféré d’une cellule aux quatre murs sans décors dans une autre où l’une des parois offrait une ouverture, à travers laquelle il pouvait voir le ciel bleu le matin et la nuit, quelques étoiles. Pour lui, quel immense trésor !
Et nous, qui avons toute la voûte céleste à profusion, nous regardons la télé… et ses logiques mortifères et anxiogènes plus que jamais…