Solidarité mondiale, donc une parabole à tous les peuples en révolte, d'Afrique en passant aujourd'hui par les Indignés d'Europe, Espagne, Grèce entre autres, à tous les Ivoiriens, tous les Lybiens, tous les Tunisiens, tous les Egyptiens, tous les Syriens frappés dans leur dignité face aux défis de la violence gratuite militaire, histoire de la sagesse africaine dite "le feu guette au pied de l'arbre à palabres"...
C’est l’histoire d’un sage, qui a pour habitude depuis des années de converser régulièrement avec celles et ceux qui sont importants ou essentiels pour lui, même quand ils sont absents. Ce sont des entretiens intérieurs. Il n’oublie jamais personne !
A chacun il distille une bonne parole, ou un bon mot, une blague, un trait d’esprit, une réponse à une question. Tandis que le sage marche tout en poursuivant ses conversations intérieures, il remarque un animal, puis deux, puis trois, qui se dirigent dans le sens inverse, et tous sont apeurés.
Qu’importe le sens de cela, se dit le sage, et il continue sa route, et ses échanges dans sa tête. Peu de temps après, ce sont de véritables troupeaux d’animaux de toutes sortes qui filent à vive allure, le dépassent et s’éloignent.
Le sage regarde l’horizon qui se teinte de rouge et comprend pourquoi ; un incendie s’est déclaré, les flammes consument forêts et prairies, c’est pourquoi les animaux fuient. Tandis qu’il se préoccupe du feu, le sage évite de poursuivre ses échanges intérieurs, et de nombreux amis meurent, parce qu’oubliés. Le sage s’en inquiète, mais il se soucie aussi de l’incendie qui avance à grand pas vers lui. C’est de plus en plus l’hécatombe dans sa tête, les amis disparaissent pas dizaines dans le puits noir de l’oubli.
Le sage s’arrête brutalement et décide d’ignorer l’incendie, de préserver la poignée d’amis qui lui reste, de poursuivre avec eux ses échanges, même si le feu venait à s’attaquer à lui.
Les langues de feu poursuivent inexorablement leur route sans émouvoir le sage qui est heureux de converser avec ses compagnons intérieurs.
L’incendie approche, 50 mètres, 30 mètres, les herbes crépitent, les bois se consument, le sage est tout à ses entretiens. A cinq mètres du sage, l’incendie s’arrête tout d’un coup.
Le sage observe le phénomène, sourit et dit :
« Quelqu’un a pensé à moi ! »
L’ article-anecdote riche de sens de jadis qui doit nous parler à tous…l’ interview-témoignage de Christophe Nick, journaliste connu dans les terres hexagonales...
"Mon grand-père fut déporté par les nazis, pendant la guerre à Buchenwald. or il advint qu'un jour de pluie, comme il était mené avec ses camarades, en longue file misérable, aux travaux forcés quotidiens, son sabot glissa dans la boue et il tomba le cul par terre... Le moindre faux pas, dans ce camp, était mortel. Il le savait. Il entendit derrière lui un SS armer son fusil. Alors il se tourna, le regarda, tout bête.
Allez savoir pourquoi, assis dans la gadoue, il éclata de rire... Le soldat étonné, hésita un instant, il partit lui aussi, d'un grand éclat jovial et remit son arme à l'épaule. Mon aïeul survécut à la déportation.
Il raconta plus tard qu'un ange lui avant inspiré ce rire et l'avait sauvé de la mort, le plus innocemment qui soit. Il ne s'en sépara jamais. Il fut joyeux et rigola toute sa vie..."
Alors que l'ange du sourire illumine nos visages de toute sa beauté car il n'est pas de saison pour ensemencer les plaines de la joie et du partage du rire, car "même si tu n'es pas le soleil, ce n'est pas une raison pour être un nuage" (proverbe soufi).